Tuiles et verdissement
Un article de TerraWiCotta.
On observe parfois la prolifération de végétaux sur les couvertures de bâtiments : il s’agit de moisissures et de champignons, souvent de couleur noire, de lichens, gris ou jaunes, d’algues vertes et même de mousse en coussinets verts noirâtres. Ces végétaux sont très résistants aux variations climatiques et peuvent supporter de longues sécheresses, des expositions au soleil ou des grands froids sans être détruits . Leur apparition est inévitable car l’ensemencement et l’apport de milieu nutritif se réalisent par le vent ou par l’intervention de bactéries capables d’intégrer l’azote et le gaz carbonique de l’air. L’ensemencement est partiellement réduit par les fortes pentes. Leur développement dépend des conditions climatiques. Les climats et expositions humides favorisent la croissance (versant à l’ombre, au nord, présence d’arbres ou de constructions proches qui font de l’ombre, humidité générale du climat). Ces verdissements peuvent se développent sur des substrats inertes en humidité de l’air élevée (>80%), plus précisément pour une certaine combinaison de l’humidité / température appelé isopleth. Par exemple la germination d’une espèce est observée à 10°C si l’humidité est supérieure à 85%, mais à 25°C, elle ne doit plus être que 80%. La croissance est soumise à des lois similaires. Le verdissement est donc favorisé par de longues périodes tièdes et humides. La pollution semble aussi un facteur aggravant. Les substrats ont aussi leur influence. On notera que les toitures en cuivre ne présentent pas de croissance car les sels de cuivre formés sont des anticryptogamiques. Par contre des croissances sont observées sur tous les supports céramiques. Les supports rugueux facilitent la fixation des espèces ensemencées et contrarient leur entraînement par la pluie. Les tuiles à grains fins et surtout les tuiles émaillées, très lisses, sont moins sensibles. Cependant, on a noté, sur certains sites exposés, le verdissement de tuiles émaillées et même de tuiles de verre. Par ailleurs un matériau à porosité superficielle importante permet de stocker de l’eau et est plus propice au développement de ces micro-organismes. La capillarité et la facilité de sécher de la tuile a son importance, de même sans doute que la présence du vide de ventilation. Les tuiles qui sèchent vite devraient être moins sensibles que les autres. On a noté aussi que les tuiles hydrofugées par siliconage résistaient mieux au développement de végétation que les tuiles équivalentes non siliconées. On a essayé de traiter des tuiles avec des biocides de façon préventive, en combinaison ou non avec le siliconage. Jusqu’à présent, la rémanence de l’effet biocide produit n’a pas été assez longue pour être commercialement intéressante. On a aussi essayé de modifier l’aspect superficiel pour modifier mouillage et écoulement d’eau(effet lotus). L’effet photochimique du TiO2 a été testé. On a aussi fixé des petites pièces de cuivre sur les tuiles mais l’effet reste local et l’extension géométrique de l’effet est limitée. Ces micro-organismes n’ont aucune action directe sur la terre cuite elle-même et ils ne tirent pas leur subsistance du support. Cependant, ils peuvent conduire à une augmentation de la teneur en eau de la tuile en limitant l’évaporation et induire ainsi une sensibilité accrue au gel. Par contre on apprécie ou non l’aspect esthétique de ces proliférations. De plus, les débris de ces végétaux peuvent boucher les emboîtements et sont capables de les soulever légèrement. Les règles de l’art et les DTU demandent donc un nettoyage périodique des toitures et des gouttières. Ce nettoyage se fera simplement au jet d’eau sous pression modérée et par brossage. On peut aussi utiliser des antimousses commerciaux ; ils sont généralement basés sur l’emploi d’ammonium quaternaire, de formule générale NR4 avec R = CH3 ou C2H5, ou sur l’emploi d’eau de Javel. Dans tous les cas, il faut suivre les instructions de sécurité des fournisseurs. Après, il faudra souvent éliminer mécaniquement les végétaux morts mais encore partiellement adhérents à la toiture.
