Tuiles à emboîtement et à glissement

Un article de TerraWiCotta.

Elles furent inventées en 1841 en Alsace par les frères Gilardoni. L’étanchéité du toit n'est plus assurée par simple recouvrement des tuiles, mais par un jeu de cannelures et de nervures s’emboîtant les unes dans les autres. Ce principe permet de minimiser l’importance des recouvrements (élément d’amont sur élément d’aval, éléments latéraux) et d’alléger, de ce fait, le poids de la couverture . La tuile comporte deux dispositifs d’emboîtements, longitudinal entre deux tuiles dans un même rang et transversal entre des tuiles de rangs successifs. Ces emboîtements peuvent être simples ou multiples (une ou plusieurs cannelures). Ces tuiles nécessitent une grande planéité et une grande précision dans la fabrication pour permettre un emboîtement aisé. Elles nécessitent des moules complexes pour leur réalisation. On parle donc aussi de «tuiles mécaniques ». Le pureau est la partie visible de la tuile posée, qui n’est pas recouverte par la tuile supérieure. La longueur du pureau est aussi la longueur de l’intervalle entre les liteaux de fixation. Les tuiles dites à glissement ne comportent pas d’emboîtement transversal. Elles nécessitent donc un recouvrement plus important mais elles se posent plus facilement. Le pureau des tuiles à glissement est donc variable. Par leur flexibilité, ces tuiles sont bien adaptées aux travaux de rénovation. Elles peuvent être à pureau plat ou à relief. Il faut noter l’utilisation de nombreux termes pour décrire ces tuiles de façon précises :

  • tuiles « grand moule » (15 tuiles au m2 ou moins) ou « petit moule » (plus de 15 tuiles au m2), selon la taille ;
  • tuiles fortement galbées et tuiles faiblement galbées. Les tuiles fortement galbées ont un aspect plus méridional, elles sont aussi plus résistantes mécaniquement ;
  • tuile romane, tuile fortement galbée avec un fond plat, ayant l'apparence de tuiles romaines, mais présentant des emboîtements ;
  • tuile double canal, similaire à la romane mais le fond est galbé. Malgré son nom, c’est une tuile à emboîtement ;
  • tuiles à emboîtement, à pureau d’aspect plat ;
  • tuiles à côtes, comportant une côte centrale en saillie dans l'axe de la tuile ;
  • tuiles cannelées comme la tuile à côte, mais celle-ci est adoucie par des cannelures sur les arêtes de la côte médiane ;
  • tuile à bourrelet, avec une côte plus marquée ;
  • tuile losangée, avec un losange sur le pureau ;
  • tuile à cornet latéral, qui recouvre les emboîtements ;
  • tuile à ressaut, qui coupe le pureau en deux dans le sens de la longueur ;
  • tuile tempête, tuile à emboîtement simple comportant 2 talons et un trou de fixation ;
  • tuile flamande ou « panne », tuile traditionnelle dont la coupe transversale a la forme d’un S aplati, qui était utilisée sans emboîtement. Les versions modernes possèdent maintenant des emboîtements.

Les tuiles à emboîtement « petit moule » ont les caractéristiques suivantes (Tableau 71) :

Les tuiles petit moule sont généralement un peu plus coûteuses une fois posées que les tuiles plus grandes mais leur aspect est plus traditionnel. Elles sont mieux adaptées aux toitures complexes et irrégulières. Les tuiles à emboîtement « grand moule » ont les caractéristiques données au tableau 72. On pose les tuiles à emboîtement à joints croisés (d’un rang à l’autre, les tuiles sont décalées d’une demi tuile) ou joints droits (d’un rang à l’autre, les tuiles sont exactement superposées). Les tuiles à pureau plat sont obligatoirement posées à joints croisés. On emploie des liteaux de bois ou des cornières métalliques. Les tuiles par ailleurs forment des familles de produits: à la tuile de partie courante (ou « plain carré ») est associée un certain nombre d’accessoires qui permettent la pose facile, rapide et étanche de la tuile, en particulier aux points singuliers :

  • tuiles faîtières et tuiles d’arêtier ;
  • tuiles sous faîtière ;
  • tuiles de rive et tuiles de rive à rabat ;
  • demi tuiles et tuile et demie pour décaler un rang et réaliser les joints croisés ;
  • tuiles à douille, ayant une douille cylindrique pour le passage de fils et tuyaux, ou sur laquelle on place une lanterne ;
  • tuiles de ventilation ou tuiles chatière ;
  • éléments décoratifs de toiture.