Traitements de finition
Un article de TerraWiCotta.
Rectification des briques
On rectifie parfois les briques en sortie de production pour obtenir des tolérances serrées sur certaines dimensions. Ceci est en particulier nécessaire pour les briques de structure qui vont être collées. Les hauteurs des briques doivent être contrôlées à ±0,3 mm pour une hauteur de 250 mm afin de permettre des joints de mortier- colle de 1 mm. La précision est donc de l’ordre de 0,1 % qu’il est difficile d’obtenir par le seul contrôle de production. Il n’est généralement pas possible de réaliser l’usinage sur le produit sec et il faut le faire sur le produit cuit. Heureusement il s’agit généralement de briques où l’on recherche des densités faibles pour l’isolation thermique et qui sont poreuses, ce qui facilite l’usinage. Cependant, de très grands tonnages doivent être rectifiés. Les machines de rectification comprennent habituellement deux grandes meules, ou deux séries de grandes meules parallèles (diamètre jusqu’à 900 mm) qui tournent à très grande vitesse (120 m/s). Les briques à rectifier passent entre ces meules. Pour augmenter la production, on peut empiler deux briques de façon à usiner sur une plus grande hauteur (600 mm par exemple). L’usinage se fait à sec ou par voie humide. La profondeur de passe est de 1 à 2mm. La poussière d’usinage est récupérée et souvent re-mélangée au mélange de production. L’ensemble est capoté dans une enceinte qui limite le bruit et contient les poussières.
Siliconage des tuiles
Le tesson final des terres cuites est partiellement poreux. Cette propriété est un avantage pour les briques isolantes thermiquement mais peut être un désavantage pour les tuiles. Avec une plus grande porosité, la tuile va absorber plus d’eau et peut être moins imperméable. Cette humidité est néfaste car elle encourage les efflorescences. Elle peut aussi intervenir sur la tenue au gel et favoriser la croissance d’algues, de mousses et lichens. Certaines tuiles, en particulier celles à tesson calcaire, sont donc traitées avec des silicones. Le siliconage modifie le mouillage de la tuile, qui n’est plus mouillée par l’eau liquide, ce qui en limite la pénétration. Les composés utilisés sont des molécules comprenant à la fois des parties organiques et des fonctionnalités silicone. Ces dernières se fixent facilement sur la terre cuite exposant les parties organiques vers l’extérieur qui modifient le mouillage par l’eau. Par contre, la couche de silicone n’est pas une couche étanche ; elle n’empêche pas le passage de la vapeur d’eau et la tuile peut toujours sécher, même si c’est un peu plus lentement Les produits couramment utilisés sont les silanes, les siloxanes et les siliconates ou leurs mélanges. Le méthyl-siliconate de potassium étant soluble dans l’eau ; la tuile peut être imprégnée par trempage dans une solution aqueuse. On s’efforce d’obtenir des imbibitions profondes (quelques mm) de façon à assurer une durabilité du traitement. Au séchage, le produit est ramené vers la surface et la couche résiduelle est beaucoup plus fine. Le produit réagit avec le CO2 de l’air et se fixe définitivement sur la terre cuite sous forme d’acide poly methyl silicique en produisant en plus du carbonate de potasse. Les facteurs qui influent sur la prise sont :
- la nature de la terre cuite (porosité, présence de chaux, alcalinité, capillarité) ;
- les conditions de traitement (dilution, temps de trempage) ;
- la bonne ventilation et la présence de CO2 ;
- la température pendant le séchage.
On indique par exemple un traitement typique : concentration 1,3 %, temps de contact 7 min, solution absorbée 112 g/tuile, pénétration 1 à 5 mm. Ce traitement permet de diminuer le taux d’absorption d’eau de 9,5 % (sans traitement) à 1,6 % (après siliconage). On avait des doutes initialement sur la durabilité du traitement avec les lessivages de la pluie et l’action des UV et des pollutions. En pratique, la tenue dans le temps semble meilleure qu’initialement supposé.
