Propriétés environnementales

Un article de TerraWiCotta.

Les terres cuites ne posent pas de problème de santé particulier pour le constructeur ou l’utilisateur, durant le chantier, la vie en œuvre, la déconstruction de l’ouvrage et l’éventuelle mise en décharge des matériaux.

Salubrité de la terre cuite pour le constructeur

Il s’agit d’abord des professionnels du bâtiment et aussi des simples consommateurs bricoleurs. L’utilisateur de produits de terre cuite peut vouloir mettre en forme une pièce en terre cuite par sciage, meulage et ceci va créer de la poussière. On a déjà discuté les problèmes de poussière et de quartz pour le personnel de l’usine de fabrication. De façon évidente, l’utilisateur de son coté évitera de faire beaucoup de poussière et de la respirer. Pour cela, il favorisera des techniques qui produisent peu de poussière ou qui font plutôt des grosses poussières (plutôt que des poussières alvéolaires). L'utilisateur doit porter un masque anti-poussière, des lunettes et des protections antibruit quand il coupe. L’emploi de scie crocodile est préféré à la disqueuse pour les briques. Quand c’est possible, l’usinage humide sera choisi. Par précaution, le travailleur alternera les travaux de coupe avec d’autres travaux sans poussière. Il travaillera dans un environnement ventilé et se placera au vent de la pièce usinée. Les produits de terre cuite peuvent être maniés à la main sans risque de dermites ou autres maladies de peau. Par contre l’emploi de gants est nécessaire car les produits peuvent être rugueux par eux-mêmes (tuiles) ou garder la trace du fil de coupe (briques). De même l’emploi de chaussure de sécurité est conseillé en cas de chute d’objet.

Hygiène et salubrité de la terre cuite en oeuvre

Les produits de terre cuite ont des performances très intéressantes sur le plan de l’hygiène et de la santé :

  • en œuvre, ils n’émettent pas de composants organovolatils et ils n’ont pas d’odeur. Des études des émissions, par chromatographie en phase gazeuse selon ENV 13419-1, ont été toutes négatives à la précision de la méthode près  ;
  • ils n’émettent pas de fibre respirable, minérale ou végétale, en suspension dans l’air ;
  • ils ont des compositions naturelles et n’incluent pas de produits toxiques comme des fongicides et/ou des insecticides ;
  • la terre cuite est un produit biologiquement très propre car elle est cuite à haute température dans son état final ;
  • les produits de terre cuite ne favorisent pas le développement de micro-organismes nuisibles. Ils sont d’abord spécialement secs en œuvre. Quand ils sont exposés dans des conditions humides, des tests ont montré que les moisissures ne se développent pas sur les produits de terre cuite s’ils ne sont pas pollués par des matières organiques  ;
  • la radioactivité des produits de terre cuite correspond à celle de la terre locale. Des tests de la radioactivité des produits de terre cuite ont été réalisés par le CTTB . On a mesuré la radioactivité gamma de 37 produits de terre cuite en analysant le radium 226, le thorium 232 et le potassium 40.


Les matériaux de terre cuite sont très similaires à la moyenne des matériaux de construction. Les variations notées sont liées aux variations de la radioactivité naturelle des différentes argiles et dégraissants. En ce qui concerne le radon, son taux d’exhalation ne dépasse pas la limite de 200 Bq/m3 (circulaire DGS et DGUHC n°99/46 du 29 janvier 1999) quand la concentration en radium226 est inférieure à 100 Bq/kg. C’est le cas de 36 des 37 produits analysés. Quant au produit restant, qui est à la limite, il faut noter que l’émanation est fonction de la granulométrie. Ici, le produit testé était en poudre et non massif.

Mise en décharge des produits de terre cuite

En Europe (UE 15), on estime qu’il a été produit 180 millions de tonnes de déchets de bâtiment en 2000. En 1999 en France, c’est 31 millions de tonnes de déchets bâtiment, dont 1,5 million de tonnes de céramiques et terre cuite et 11,5 millions de produits inertes mélangés. Dans la mesure du possible, ces déchets sont réutilisés sinon ils sont mis en décharge. Pendant la mise en décharge, les déchets sont lavés par la pluie et éventuellement noyés dans l’eau. Il ne faut pas que des sels solubles soient susceptibles de passer dans l’eau et de polluer la nappe phréatique. Selon la nature, la dangerosité et la solubilité des déchets, ces derniers sont stockés dans différents types de décharge, plus ou moins isolées et contrôlées, et donc plus ou moins coûteuses. On distingue Les centres de stockage pour produits dangereux, Les centres de stockage pour les produits non dangereux (dont les déchets ménagers) Les centres de stockage pour produits inertes. Des tests de lixiviation des déchets sont parfois demandés pour fixer dans quelle décharge les déposer. Selon la décision de la Commission Européenne du 10 Décembre 2002, les déchets de Terre Cuite sont classés en déchets inertes sans test préalable. Les déchets de terre cuite peuvent donc être placés en centre de stockage de déchet inerte de plein droit, ces décharges étant les moins contraignantes et coûteuses. Un taux de plâtre de 5% en masse est généralement accepté pour les déchets de structure pour l’admission en centre de stockage pour déchets inertes. De plus, les déchets de Terre Cuite ne doivent pas forcément aller en décharge. Comme ils sont inertes, ils peuvent être broyés, concassés pour être réutilisé par exemple pour les pistes cyclables ou les bassins draînants.