Briques apparentes

Un article de TerraWiCotta.

Les briques apparentes comprennent :

  • toutes les briques utilisées sur des maçonneries extérieures non protégées contre la pénétration de l'eau, et ceci quelle que soit la densité ;
  • les briques de masse volumique apparente sèche élevée (> 1 000 kg/m3), utilisées pour des maçonneries protégées.


Sommaire

Généralités

Comme elles sont généralement apparentes, les briques HD ont souvent un petit format pour des raisons esthétiques. Elles se posent avec une seule main, l’autre main tenant la truelle. Elles ont donc un poids beaucoup plus faible que les briques de structure. On trouve différents types de produits :

  • briques pleines massives classiques. Elles se présentent comme un parallélépipède rectangle, souvent de dimensions 6 x 10,5 x 22 cm avec une masse qui varie entre 1,8 et 2,5 kg. Un mur porteur associe souvent deux briques en parallèle de façon à obtenir une épaisseur finale de mur de 22 cm en tenant compte de l’épaisseur du joint de mortier interne (2 x 10,5 cm + 1 cm = 22 cm) ;
  • briques avec renfoncement. Le renfoncement de la brique est trouvé dans les briques pressées, et facilite le démoulage. Ces briques sont généralement montées avec le creux orienté vers le haut, ce qui est plus facile pour bien le remplir de mortier ;
  • briques perforées verticales. Ces perforations facilitent le séchage et la cuisson, consomment moins de matière première et rendent les briques plus isolantes thermiquement ;
  • blocs à perforations verticales (ancienne appellation, actuellement le mot « bloc » n'existe plus). Ils sont plus larges (20 x 20 x 6 cm) et permettent de réaliser un mur dans toute son épaisseur avec un seul produit, au lieu de deux. Ce produit demande un grand soin au maçon car tous les joints doivent être de qualité sous peine de fuite de pluie, alors que la solution à deux briques accolées peut supporter un travail moins soigné.

Mur monolithique

En France, on construit principalement des murs monolithiques (épaisseur 22 cm pour les briques et 20 cm pour les éléments à perforations verticales de plus grande dimension) avec une isolation thermique intérieure. Les règles de maçonnerie (DTU maçonnerie) distinguent différents modes de construction de mur isolé thermiquement (I, IIa, IIb, III, IV). Ces murs diffèrent dans la façon dont l’isolation thermique est réalisée, isolation rapportée ou répartie, avec ou sans vide d’air entre mur et isolation, et selon la mouillabilité de l’isolation thermique, de façon à éviter que d’éventuelles traces d’humidité qui apparaîtraient sur la face interne de la brique ne se transfèrent de l’autre côté de l’isolation thermique. Les murs de briques apparentes sont donc des murs de types 2a, 2b ou type 3. Le DTU fixe les conditions dans lesquelles ces différents murs peuvent être utilisés.

Murs doubles

Il est aussi possible d’utiliser ces briques apparentes dans la réalisation de murs doubles. Cette technique est très utilisée en Belgique, Hollande, Grande-Bretagne, Allemagne du Nord et Scandinavie. Le mur double associe un mur en briques HD apparentes (épaisseur mini 10 cm) à un mur porteur réalisé en maçonnerie (épaisseur mini 15 cm) ou en béton banché (épaisseur mini 10 cm), l’espace intermédiaire étant occupé par une couche d’isolant thermique et une lame d’air. Le mur extérieur est accroché au mur de structure interne par des attaches réparties sur la surface. Ce mur est plus coûteux mais présente beaucoup d’avantages : parfaite étanchéité à la pluie, haute insonorisation, isolation thermique élevée, bonne inertie thermique.

Aspect esthétique

Les briques apparentes sont utilisées pour leur aspect esthétique. On les trouve en de très nombreuses couleurs, aspects et finitions de surface. On trouve des briques mécaniques, obtenues par extrusion ou extrusion/rebattage qui sont bien régulières, et des briques dites « moulées main » qui introduisent plus de variétés par la structure visible. On trouve des briques fabriquées avec d'anciens fours à feu mobile Hoffmann qui produisent beaucoup de variétés de teinte et de forme car les températures de traitement et les atmosphères sont plus variables que celles des fours tunnels. On choisit les briques sur catalogue ou parfois dans des show-rooms où il est possible de monter de petits éléments de mur pour que l’architecte ou le maître d'œuvre puisse se faire une idée de l’aspect de la construction finale. Les couleurs sont très nombreuses, du jaune au rouge et au noir avec les teintes intermédiaires. Les aspects de surface sont très variés (lisse, rugueux, sablé, texturé…). Les couleurs et aspects sont généralement bien contrôlés en production. Il est cependant possible qu’il y ait de légères variations d’une palette à l’autre. Aussi est-il recommandé d’approvisionner à la fois toutes les palettes nécessaires à une façade et de monter le mur en prenant dans les différentes palettes. L’aspect esthétique du mur final dépend de la brique mais aussi du joint qui représente 20 % de la surface exposée. L’aspect du joint est fonction du mortier choisi, de sa couleur et du soin apporté à sa finition. Il faut en effet rejointoyer pour avoir des joints bien lisses et bien uniformes. Des aspects esthétiques variés sont obtenus par la combinaison de:

  • choix des couleurs et aspect des briques
  • dessin des joints (joints conventionnels, joints minces, joints de mortiers colorés…) ;
  • combinaison de différentes couleurs et aspects sur une façade, utilisation de la polychromie dans la réalisation de bandes de couleurs, d’entourages de baies, de décoration, etc. ;
  • emploi avec d’autres matériaux ;
  • utilisation de briques en saillie et en retrait ;
  • mise en ouvre d’appareillages différents.

Appareillages

Il existe de nombreux appareillages pour monter les briques les unes sur les autres dans la réalisation d’un mur, ce nombre augmentant quand on peut utiliser les briques en boutisse :

  • appareillage habituel en demi brique en disposant les briques en panneresses de manière telle que les joints verticaux soient décalés d’une demi brique ;
  • appareillage au quart, les joints verticaux ne sont décalés que d'un quart (ou d'un tiers) de la longueur. Cet appareil produit un effet optique : les panneresses semblent former des striures obliques sous un angle de 55° à 75° suivant le rapport longueur/hauteur de la brique utilisée et le recouvrement horizontal choisi ;
  • l'appareil flamand dans lequel des panneresses aussi bien que des boutisses se retrouvent en alternance dans chaque assise. La face de la maçonnerie semble alors composée de petites croix imbriquées les unes dans les autres ;
  • appareillages français, anglais, en anse de panier, en arête, entrelacé… Ces différents appareillages produisent différentes modénatures au gré de l’architecte.

Maçonnerie à joint mince

Depuis quelques années, on trouve aussi des maçonneries montées à joints minces. L’application typique a été le stade du Herzel à Bruxelles. C’est assez différent des maçonneries à joint mince des briques de structure rectifiées. Les briques apparentes ne sont en effet pas rectifiées, elles présentent donc des variations d’épaisseur et ne peuvent être utilisées avec les joints très minces préconisés pour les briques de structure. On utilise donc des joints de l’ordre de 3 à 5 mm au lieu des joints initiaux de 10 à 12 mm. Le joint est parfois appliqué avec une pompe plutôt qu’à la truelle. L’aspect du mur est assez nouveau puisque le joint, en retrait, n’est plus visible. Sur les murs doubles, il n’est pas nécessaire de remplir les joints verticaux, le peu d’eau qui traverse étant récupéré et évacué en bas du mur. On peut aussi utiliser des briques à emboîtement.

Salissures sur la brique apparente

Avec le temps, un mur s’encrasse. Bien que très peu étudié expérimentalement, il est bien connu que les surfaces en briques apparentes, comme en carreaux céramiques, se salissent moins que les surfaces recouvertes d’enduits hydrauliques et ont donc des durabilités beaucoup plus grandes. Les particules contenues dans l'air sont piégées, véhiculées et fixées sur les façades principalement par l'eau de pluie et le vent. L'importance de l'encrassement varie suivant le degré de pollution de l’atmosphère, l'exposition de la façade à la pluie et aux vents dominants, la modénature du mur et la nature des matériaux. La pluie et l’humidité interviennent de deux façons concurrentes: la pluie apporte les poussières, l’humidité favorise leur fixation. Par contre une pluie battante avec un fort écoulement peut les laver. Plusieurs mécanismes d'accrochage des poussières interviennent :

  • l'accrochage mécanique : il y a dépose des particules par la gravité sur des surfaces rugueuses ;
  • l'adhérence capillaire, appelée aussi collage, due à l'humidité ;
  • les forces d'attraction électrostatiques entre les poussières et les surfaces.

Par rapport à un enduit, les briques apparentes sont moins rugueuses et plus isolantes. Elles sont poreuses mais pas hygroscopiques, et ont moins d’inertie thermique, aussi leurs surfaces sont moins longtemps humides. Elles captent donc moins les poussières et pendant moins de temps. Quand il y a de la pluie, cette dernière est en absorbée par le mur de brique, quand elle n’est pas saturée, c'est-à-dire dans la majorité des cas. L’eau est re-évaporée par la suite après la pluie. Les grandes coulures de pluie sont éliminées. Les écoulements résiduels sont de plus répartis par les joints. C'est sans doute ces raisons qui donnent ce comportement supérieur de la brique apparente.

Caractéristiques couvertes dans les normes

Dans la norme EN 771-1, on retrouve beaucoup de caractéristiques déjà couvertes pour les briques LD. On se concentre ici sur les différences :

  • les dimensions et les tolérances des valeurs moyennes (T1, T2, Tm) et des plages (R1, R1+, R2, R2+). Il n’y a plus de tolérances + (T+ ou R+) avec un contrôle plus précis des hauteurs car il n’y a pas de brique apparente rectifiée ;
  • la masse volumique apparente sèche et la masse volumique absolue sèche et leurs tolérances (D1, D2 et Dm) ;
  • la résistance à la compression moyenne avec le choix des catégories 1 ou 2 et le choix du groupe (sans doute 1 ou 2) ;
  • les classes introduites par la norme NF vont de 12,5 à 40 MPa (RC120 à RC400) ;
  • les propriétés thermiques : la norme EN demande que la norme EN 1745 soit suivie dans le calcul des résistances techniques. La réglementation française autorise aussi l’emploi des règles ThK de la RT2000 ;
  • la durabilité, caractérisée par la résistance au gel : ici, les briques sont cataloguées en trois catégories selon l’emploi prévu :
    • F0 exposition passive (sans exigence de test) ;
    • F1 exposition modérée ;
    • F2 exposition sévère.

Cependant faute de test européen commun, chaque pays utilise pour commencer ses propres méthodes de test. Ainsi en France, on utilisera un test de gel à la plaque froide pour les briques apparentes exposées. Les briques sont posées saturées d’eau sur une plaque froide dont on va faire varier la température de façon à réaliser des cycles de gel/dégel directionnels. Les briques apparentes très exposées doivent être F2, ce qui veut dire, en France, résistantes au test plaque froide pendant 25 cycles. Pour les briques apparentes non exposées, il faut réaliser un test de gel dans un bloc de gel non directionnel et supporter aussi 25 cycles. Quand la norme prEN 772-22 sera acceptée, le test de gel européen se fera sur un muret qui formera le 6e côté d’un bloc de gel. On fera alterner des cycles de gel et dégel. Les conditions expérimentales ne sont pas encore tout à fait finalisées :

  • la teneur en sels solubles actifs en 3 catégories S0, S1 et S2. S’il y a une bonne protection contre l’humidité, aucune exigence n'est imposée par la norme EN ;
  • absorption d’eau : il y a ici des exigences nouvelles : l’absorption d’eau doit être déclarée pour les éléments utilisés en extérieur et pour les briques servant de coupure de capillarité. Le taux initial d’absorption d’eau doit aussi être déclaré ;
  • la dilatation à l’humidité, quand c’est demandé par le pays. Dans ce cas, cette mesure est réalisée quelle que soit la longueur du produit ;
  • la réaction au feu, catégorie A1 sans nécessité de test si la concentration en carbone de la brique est < 1 %, ce qui est généralement le cas des briques cuites en milieu oxydant ;
  • la perméabilité à la vapeur d’eau : cette caractéristique peut être donnée par référence à la table de EN 1745 ;
  • adhérence : l’adhérence brique/mortier doit être déclarée sous forme de résistance au cisaillement pour les briques à utilisation structurelle ;
  • l’aspect des briques apparentes n’est pas inclus dans la norme européenne. Cependant dans son annexe B6, la norme européenne conseille que « l’aspect des briques de parement et son évaluation fassent l’objet d’un contrat d’achat. La prescription variera en fonction de l’utilisation à laquelle les briques sont destinées ». Il conviendra de porter une attention toute particulière aux fissures profondes ou étendues, aux détériorations sur les arêtes et les coins, aux cailloux et aux grains de chaux.

Les tests utilisés pour les briques LD s’appliquent dans la majorité des cas aux briques apparentes. Les points de différence concernent principalement :

  • la durabilité tenue au gel, qui a déjà été discutée précédemment ;
  • l’absorption d’eau : on mesure généralement l’absorption d’eau selon EN 772-7, et le taux initial d’absorption d’eau selon EN 772-11

Mise en œuvre des briques apparentes, réglementation et Euro code

Les briques apparentes sont mises en œuvre en France selon les mêmes règles que les briques LD déjà citées. On trouve aussi un résumé de la mise en œuvre dans le livre du CTTB déjà indiqué et des règles plus spécifiques dans un autre document . Des conseils très pratiques sont trouvés dans un livre anglais récent .